L'église
En venant du village, on accède à l’église par un majestueux escalier de 50 marches larges de 5 m, surplombé par un calvaire renaissance.
L’église est dédiée à la nativité de la Saine Vierge ; la partie la plus ancienne, le chœur, est antérieur à la guerre de cent ans et aurait été construit aux frais du roi Henri II d’Angleterre...
La construction de l’édifice se poursuivit durant les
siècles suivants et l’on peut dater son achèvement du XVI ème
siècle (1560).
A l’intérieur, elle conserve un grand nombre
d’œuvres d’art classées : statues, tableaux et
peintures murales dont celles qui évoquent la confrérie de la
charité, instituée à Vétheuil par une bulle papale de 1583. Elle
accueillait des foules de pèlerins venant prier Notre Dame de
Grâce. Ce fort bel édifice, classé monument historique depuis 1845,
est un exemple de transition entre l’art roman et le style
ogival.
" L’église de Vétheuil,
magnifique monument de l’art le plus pur de la renaissance
s’élève à mi-côte et domine le rivage où se regroupent les
habitations: on dirait un paysage de Poussin ".
M. Feuilloley poursuit dans sa notice sur le canton de Magny en
donnant la description suivante de l’église : " Henri II roi
d’Angleterre, duc de Normandie, de Bretagne et
d’Aquitaine, à l’époque où il possédait le Vexin
français voulut faire reconstruire l’église de Vétheuil,
bourg alors fort important, mais le chœur seul était achevé
quand Philippe-Auguste lui enleva le Vexin. Cette construction
serait peut-être restée inachevée si François 1er qui passait
souvent par Vétheuil en allant à La Roche Guyon, chez le duc
François de La Rochefoucauld, son parrain, n’eût ordonné la
reprise des trav
aux. Le monument composé de 3 nefs avec des chapelles
latérales n’a que 45 mètres de long sur 22 de larges et 14 de
hauteur dans la nef principale mais il semble avoir les dimensions
d’une cathédrale, tant il y a de proportion entre toutes les
parties et d’harmonie dans l’ensemble.
Les ornements y sont prodigués et cependant l’œil le
plus exercé n’y voit point de profusion, tant chaque chose
est à la place que lui assignent l’art et le goût.
Le portail principal qui a pour date le chiffre de Henri II et de
Catherine de Médicis est un cintre très ornementé surmonté de
galeries et de clochetons et de guipures en pierres ; il est séparé
en deux par un trumeau qui supporte la statue de la Vierge,
patronne de l’église.
Le second portail couronné d’une triple galerie et de
clochetons est aussi un chef d’œuvre d’élégance.
Arrêtons-nous devant ces portes sculptées : dieu le père, Moïse,
Elie, Adam et Eve, Abraham, la sai
nte Vierge,
l’ancien et le nouveau testament, puis des personnages
symboliques
A l’intérieur ce n’était que statue, ces
encorbellements, ces baldaquins, ces diadèmes de pierres
supportaient ou couronnaient des grands du ciel et de la terre :
les 12 apôtres, les rois et reines, les princes et les princesses
bienfaiteurs de l’église. Tous ont disparus, victimes des
passions politiques et religieuses dont le monument présente encore
d’autres vestiges, car voici des meurtrières percées du temps
de la Ligue, voici des traces de boulets tirés de Lavacourt De
toutes les merveilles qui décoraient le chœur et les
chapelles, une seule a échappé aux barbares, c’est un retable
en bois doré d’un puissant relief représentant la
passion."
Malheureusement si ce retable échappa aux barbares d’alors,
il fut dérobé dans les années 1970, par des cambrioleurs qui
étaient également des barbares. Deux des sept pièces
ont été retrouvées en Belgique en 1998 et 2007, la première a
été rachetée par la commune ! Voir l’article sur le
retable
Le clocher bâti vers 1350 par Jeanne d’Evreux, femme de
Charles IV le Bel a une hauteur de 42 mètres dont 8 mètres de
charpente formant la pyramide du clocher surmonté de la
croix.
Le chœur construit par Henri II vers 1180 est orné de stalles
en bois de chêne. Très large et très élevé, il est voûté en pierres
et en chapiteaux. Il a 9 mètres de long sur 9 mètres de large. Le
sanctuaire à 6,50 mètres de long et 9 de large. Le chœur a
été entièrement restauré en 2000.
La sacristie a été construite vers 1533, comme l’indique une
gravure dans la pierre, à l’époque du mariage d’Henri
II. Chaque chapelle dédiée à un saint était entretenue par les
membres de sa confrérie comme celle de Saint Vincent, patron des
vignerons, qui comptait 104 membres en 1900.
C’est en 1845 que l’église fut classée monument
historique. Les escaliers sont eux inscrits à l’inventaire
supplémentaire.